Introduction : Les connaissances financières des Canadiens
Selon une étude réalisée en 2018 par Angus Reid, plus de 50 % des Canadiens ont une compréhension limitée des termes financiers. Cet écart de connaissances s’avère encore plus marqué selon les tranches d’âge et le genre. Par exemple, l’étude a révélé que 78 % des hommes de plus de 55 ans estiment avoir une compréhension modérément élevée des termes financiers, contre 58 % chez les femmes du même groupe d’âge. Le groupe le moins à l’aise financièrement serait les femmes âgées de 18 à 34 ans.
Ces statistiques soulignent un problème de fond : il ne s’agit pas d’âge ni de genre, mais bien d’éducation et de connaissances.
De plus, si l’on considère que plus de la moitié des Canadiens gagnent moins que le revenu annuel médian de 37 899 $ (données de 2019), il apparaît clairement que bon nombre d’entre eux ne saisissent pas pleinement comment optimiser leurs possibilités financières ni comment gérer efficacement leurs relations bancaires.
Le lien entre la banque et la littératie financière
Le système bancaire canadien joue un rôle majeur dans cette lacune en matière de littératie financière. Pour un Canadien moyen qui souhaiterait bien comprendre ses options financières, il lui faudrait parcourir un grand nombre de documents remplis de petits caractères et de jargon juridique, rédigés par les meilleurs juristes du pays.
En outre, les personnes qui maîtrisent le fonctionnement du système bancaire—celles travaillant dans le secteur financier—ont tendance à y rester, profitant de conditions de travail et de rémunérations avantageuses. Il en résulte un déséquilibre d’information : la connaissance approfondie des services bancaires et de leurs subtilités demeure en grande partie inaccessible au grand public.
Par ailleurs, la connaissance financière se transmet souvent au sein des familles. Si les parents comprennent mal ou se méfient des institutions financières, leurs enfants risquent d’hériter des mêmes perspectives et de rencontrer les mêmes difficultés. Ce phénomène peut mener à des erreurs coûteuses, telles que :
- Des années de paiements d’intérêts inutiles
- Une détérioration de la cote de crédit
- Des faillites évitables
- Des tensions dans les relations personnelles
Quelles que soient votre situation, votre origine ou votre santé financière, vous serez inévitablement amené à faire affaire avec une institution financière. Votre capacité à prendre des décisions éclairées dépend fortement de votre compréhension du système bancaire—un système qui, malheureusement, ne facilite pas l’accès ni la compréhension des informations essentielles.
Une voie vers l’autonomisation financière
Chez Sierra Consultants, nous sommes convaincus que la solution passe par la sensibilisation des plus jeunes membres de la population active. En leur fournissant les connaissances pratiques et les ressources nécessaires, nous les aidons à développer une meilleure littératie financière, leur permettant de mener une vie sûre et prospère.
Concepts clés de la littératie bancaire
- Universalité
Que vous soyez un mécanicien local ou un entrepreneur technologique mondial, les produits bancaires de base qui s’offrent à vous sont sensiblement les mêmes. Bien que le niveau de service, d’accompagnement et de qualité puisse varier, les fonctions bancaires fondamentales demeurent inchangées tant que vous œuvrez dans le même cadre monétaire.
Là où les écarts se creusent, c’est dans la gestion de la trésorerie excédentaire et de l’endettement. Ces différences s’amplifient encore davantage lorsque vous gérez plusieurs devises et territoires, où vous devez composer avec différentes réglementations juridiques et fiscales.
- La mission de la banque
Quelle que soit l’institution financière auprès de laquelle vous faites affaire, toutes partagent le même objectif : maximiser leurs profits. Les banques atteignent ce but en utilisant les dépôts pour octroyer des prêts et en tirent des revenus grâce à la différence entre les intérêts payés sur les dépôts et ceux facturés sur les prêts—un mécanisme appelé Funds Transfer Pricing.
Même si elles se présentent comme centrées sur le client, leur mission première reste la rentabilité. Cette réalité est fondamentale à garder à l’esprit lorsque vous évaluez des offres ou des services financiers. Les banques usent de stratégies tarifaires pour décourager la migration de la clientèle, ce qui complique la comparaison directe des produits entre établissements.
En gardant à l’esprit que les banques cherchent avant tout à faire des profits, les consommateurs peuvent analyser leurs offres de manière critique.
- Pièges et mauvaises habitudes
Il est important de comprendre que les banques ne sont pas malveillantes, mais elles défendent leurs propres intérêts. Par exemple, lorsqu’une banque propose une augmentation de limite de crédit, ce n’est pas par bienveillance ; c’est une occasion pour elle de générer davantage de revenus grâce aux intérêts.
Voici une anecdote personnelle pour illustrer ce point : à mes 18 ans, j’ai obtenu ma première carte de crédit avec une limite de 2 000 $. Enthousiasmé par ce nouveau pouvoir d’achat, j’ai immédiatement tout dépensé pour une guitare haut de gamme, sans réaliser les conséquences de conserver un tel solde. Quelques mois plus tard, alors que j’avais du mal à rembourser ma dette, la banque m’a proposé une nouvelle augmentation de limite de crédit à 3 500 $. Je me suis retrouvé dans un cercle vicieux d’endettement, payant constamment des intérêts élevés sur des achats que je pouvais à peine assumer.
Arrivé au milieu de la vingtaine, j’avais cumulé près de 25 000 $ de dette sur cartes de crédit, alors que je gagnais environ 60 000 $ par année. Heureusement, j’ai pu redresser ma situation financière, mais cette expérience m’a enseigné une leçon importante : le crédit n’est pas de l’argent, mais un emprunt à court terme. De nombreux Canadiens tombent dans le même piège, confondant la carte de crédit avec un outil de financement, alors qu’il s’agit surtout d’un moyen de paiement pouvant engendrer d’importants frais s’il est mal utilisé.
Le Financial Post a fait écho à ces préoccupations dans un rapport de septembre 2023, citant une étude d’Equifax Canada montrant que la dette des consommateurs canadiens continue de grimper, en particulier chez les jeunes générations. La leçon à en tirer est que le crédit, lorsqu’il est employé correctement, peut offrir des avantages, mais sans l’éducation adéquate, il peut devenir un outil dangereux.
Littératie financière : être “riche” ou “aisé” ?
Bien que ces termes soient souvent utilisés de manière interchangeable, ils renvoient à des réalités différentes. Être « riche » signifie gagner plus que ce que l’on dépense, permettant au fil du temps d’accumuler de l’argent. Être « aisé » ou « wealthy », en revanche, implique de disposer de suffisamment d’actifs pour que leurs revenus couvrent toutes les dépenses fixes.
Grâce à une bonne gestion financière et à l’utilisation judicieuse des services bancaires, les Canadiens peuvent passer du statut de « riche » à celui d’« aisé ». Un revenu annuel de 70 000 $ peut suffire à maintenir un style de vie confortable—voiture, maison, vacances—s’il est géré avec discipline. Toutefois, sans cette discipline, même un revenu de 250 000 $ peut être englouti par des dépenses élevées et des dettes.
Foire aux questions
Au fil de mes années dans le secteur bancaire, on m’a souvent posé des questions du type :
- Quelle est la limite idéale pour une carte de crédit ?
- Combien devrais-je épargner pour l’acompte d’une maison ?
- Devrais-je investir dans des actifs hors banque ?
- Comment éviter de payer des frais bancaires ?
- Combien de comptes devrais-je avoir ?
Dans la réalité, la réponse dépend de la situation individuelle de chacun. La littératie financière et bancaire ne consiste pas à donner des réponses universelles, mais à offrir les connaissances nécessaires pour permettre à chacun de prendre des décisions éclairées, adaptées à ses propres circonstances.
Le rôle de Sierra Consultants
Chez Sierra Consultants, nous nous engageons à améliorer la littératie financière au Canada. Si nos mandats les plus prestigieux proviennent de grandes entreprises, nous sommes tout autant déterminés à aider les jeunes, notamment dans les périodes d’incertitude économique.
Nous pensons qu’en seulement 90 minutes de formation, les jeunes Canadiens peuvent acquérir les compétences fonctionnelles nécessaires pour aborder leur avenir financier avec confiance. Nous rendons accessibles les informations techniques fournies par l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC), grâce à des anecdotes et des discussions pratiques. Cette approche aide les individus à éviter les pièges financiers courants et favorise une bonne santé financière à long terme.
Appel à l’action
Le moment d’agir est venu. Sierra Consultants est résolu à collaborer avec les établissements d’enseignement pour diffuser la littératie bancaire auprès des étudiants et des jeunes professionnels à travers le pays. En donnant à la prochaine génération les outils financiers dont elle a besoin, nous pouvons forger un avenir où les Canadiens sont autonomes sur le plan financier, informés et capables de prendre des décisions éclairées.
Pour en savoir plus sur la manière dont Sierra Consultants peut soutenir les initiatives de littératie financière de votre établissement, contactez-nous dès aujourd’hui.
Sources
Canadians paying billions of dollars in ‘excess’ bank fees: report
Banking Blues: Canadians say they lack confidence in understanding key financial terms
Fees, fraud and fairness: customer satisfaction slips with Canadian banks, survey says
Household Debt Statistics in Canada
Credit card debt in Canada just hit an all-time high
How much credit card debt does the average Canadian have?
Credit report and score basics
7 Key Reasons Why Financial Education Is Your Best Investment
